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D'où vient la crèche ?

Greccio, Noël 1223. C’est dans cette petite ville du centre de l’Italie, à quelques kilomètres de Rome, au pied des montagnes qui découpent le ciel à l’horizon, que saint François d’Assise invente la crèche. Voilà déjà plusieurs siècles que les chrétiens se réunissent pour célébrer ensemble la naissance du petit Roi de gloire que raconte saint Luc dans son évangile, et les scènes de Nativité parent les catacombes romaines depuis les premiers temps de l’Église. Nulle trace, pourtant, en ce XIIIe siècle, d’une scène en trois dimensions.

C’est au retour d’un voyage en Terre sainte, où il se rend en 1219, que le fondateur de l’ordre des Frères mineurs à l’idée de mettre en place une crèche vivante pour incarner aux yeux des fidèles la réalité de la divine kénose, mystère d’un Dieu fait petit enfant. Il garde alors un souvenir bouleversant de la mise en scène de la Nativité dans la grotte de Bethléem, et prêche avec ferveur tandis que sur le parvis de l’église de Greccio, quelques paroissiens incarnent la sainte Famille, les bergers et les rois mages venus adorer l’Enfant-Dieu. Le mot « crèche » tient d’ailleurs son origine du latin cripia, qui désigne la mangeoire des animaux, celle-là même où, selon saint Luc, Jésus fut couché emmailloté. 

La tradition est née et se répand d’abord en Italie, puis en Europe. Progressivement, les sculptures de bois remplacent les figurants des saynètes, jusqu’à trôner dans les églises de toute la chrétienté au XVIe siècle, alors que le baroque triomphe dans l’art et l’architecture. En ces temps troublés, et pour contrer la Réforme qui divise l’Europe, les Jésuites, conscients de l’importance de la Nativité, en répandent ainsi l’usage pour appuyer leur catéchèse. Les crèches miniatures domestiques apparaissent quant à elles bien plus tard, puisqu’elles tiennent leur origine de la Révolution française, lorsqu’en 1793, les églises sont fermées au culte et que les représentations de la Nativité y sont proscrites. 

Les premières crèches réduites, réservées à la prière domestiques, voient le jour au cœur des foyers chrétiens alors qu’en Provence naissent les santons. Ces petites figurines en terre cuite, façonnées dans l’argile rouge du sud de la France, tiennent ainsi leur nom du provençal « santoun », c’est-à-dire « petits saints ». Progressivement, leur répertoire s’enrichit pour représenter, en plus des personnages traditionnels, chacun des corps de métiers venant déposer le fruit de son travail au Petit Jésus dans sa mangeoire.

La crèche demeure aujourd’hui un objet de piété populaire, parmi ces emblèmes attachants, avec le sapin et ses décorations auxquels les enfants d’autrefois songent avec émotion. Bien au-delà des souvenirs tendres des Noëls d’antan, elle rappelle surtout à qui veut bien le croire que Dieu a tant aimé le monde qu’il s’est fait, pour lui, tout petit enfant.

D’après le site Aleteia.org

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