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J'ai mal

  • flaine6
  • 1 mars 2024
  • 2 min de lecture

C’est une coïncidence troublante. Au moment où l’on dit adieu à Robert Badinter qui obtint l’abolition de la peine de mort dans notre pays, on va inscrire dans la constitution le droit décider de la vie des enfants à naître. Quel paradoxe !

Ce qui me choque le plus, c’est l’absolue banalisation d’un acte pourtant lourd de conséquences. On peut comprendre que dans des situations de détresse extrême, on puisse juger légitime d’en arriver à cette extrémité. Mais y voir un simple geste médical anodin, et plus encore l’inscrire comme un enjeu national, est une attitude totalement déresponsabilisante qui conduit, malgré la promotion des moyens de contraception, à une augmentation constante du nombre d’avortements en France. Aujourd’hui, un quart des grossesses en France se termine par un avortement (230.000 par an).

Quand on sait les séquelles que peut laisser un avortement, on est effrayé de ces chiffres. Qui d’entre-nous, pasteurs, n’a pas eu l’occasion d’accompagner des femmes qui pouvaient enfin déposer, 30 ans plus tard, le fardeau qui les empêchait de vivre ? Combien de femmes sous pression ont dû faire ce qu’elles ne voulaient pas faire ?

Admettons-le : l’argument du droit des femmes à disposer de leur corps est tout à fait discutable. C’est bien le corps d’un autre qui sort du sein maternel ; dès lors, à partir de quand devient-il « le corps d’un autre » ? Entre la conception et la naissance, c’est bien le même corps, le corps d’un être faible et sans défense que l’Eglise se doit de protéger.

Et si nous pensions aussi à ceux qui restent ? Depuis plusieurs dizaines d’années, nos sociétés engendrent des générations de survivants. Comment s’étonner aujourd’hui du manque d’identité et de confiance en soi qui caractérise tant la jeunesse actuelle ?

J’ai mal. Lundi sera pour moi un triste jour.

P. François Lainé

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